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Depuis 1994, le comité régional
d'Aquitaine d'éducation pour la santé
(Craes), avec la collaboration du conseil général
de la Gironde (financeur principal), le service
Santé Garonne de la commune de Caudrot
et les professionnels de santé de plusieurs
cantons, a mis en place des groupes de parole
incluant un travail sur la mémoire, afin
de prévenir le vieillissement pathologique
chez les personnes âgées. L'action
se déroule sur cinq communes rurales du
Sud Gironde : La Réole, Langon, Captieux,
Monségur et Portets. D'autres organismes
locaux - mairies, Clic de La Réole, maisons
de retraite, hôpitaux locaux - se sont associés
à ce projet. Ils réalisent un travail
d'information et d'orientation des personnes vers
les groupes.
L'action est pilotée par une psychologue
de l'équipe du Craes/Crips, se fondant
sur son expérience antérieure de
recherche (étude Paquid, université
de Bordeaux -2) auprès de la population
âgée de plus de 60 ans dans ce secteur
rural. L'interlocuteur principal dans chaque commune
est l'élu responsable du centre communal
d'action sociale (CCAS). Deux types de groupes
de parole ont été mis en place :
- les groupes de " parole mémoire
" pour les personnes de plus de 60 ans vivant
à domicile, avec soit une plainte de perte
de mémoire, soit des pertes de mémoire
débutantes. Ces personnes sont informées
de l'existence de ces groupes par la presse municipale
et locale, par des dépliants et des affiches
et également par les professionnels du
travail de la santé et du social ;
- les groupes de " parole famille ",
qui s'adressent spécifiquement aux personnes
et/ou familles ayant un parent âgé
à leur charge.
Les groupes " parole mémoire "
se réunissent tous les quinze jours, pendant
dix mois au minimum, sur les cinq sites. Les groupes
" parole famille " se réunissent
une fois par mois pendant dix mois au minimum.
Ces groupes sont accueillis dans une résidence
pour personnes âgées appartenant
à la commune. Les personnes inscrites sont
libres de continuer l'activité d'une année
sur l'autre ou de l'arrêter.
Ce dispositif poursuit trois objectifs : prévenir
les effets négatifs de l'isolement, prévenir
l'accélération des troubles débutants
des capacités cognitives, prévenir
les risques d'agressivité, de rejet liés
à la prise en charge d'un parent âgé.
En moyenne, soixante-dix personnes par an s'inscrivent
aux groupes de " parole mémoire "
pour l'ensemble des sites. Nombreuses sont celles
qui viennent depuis plusieurs années. Un
des résultats les plus marquants est la
création des réseaux relationnels
qui se sont tissés entre les participants
et en dehors du groupe. De ce fait, ces groupes
jouent un rôle important dans la prévention
de l'isolement et de ses conséquences sur
la vie psychique et donc sur la mémoire.
Les évaluations annuelles de cette action
montrent que, chez les personnes assistant aux
groupes, les plaintes concernant les pertes de
mémoire ainsi que les plaintes dépressives
diminuent.
Pour les groupes de " parole famille ",
on dénombre en moyenne vingt participants
par an. Cet axe s'est révélé
le plus difficile à maintenir, la situation
de groupe suscitant des réticences lorsqu'il
s'agit d'évoquer la vie familiale. Depuis
plusieurs années, rencontres groupales
et rencontres individuelles alternent.
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