Actualités Inpes
Typologie des mangeurs
26/01/2010
L’objectif de ce chapitre est de faire une synthèse des consommations déclarées et des principaux facteurs qui y sont associés. En complément des précédents chapitres focalisés sur des points particuliers, ce chapitre essaye de donner une vision globale des principaux types de comportements des mangeurs interrogés. Une typologie a ainsi été élaborée à l’aide d’une analyse de correspondances multiples suivie d’une classification ascendante hiérarchique. Pour bien distinguer les principaux types de mangeurs et leurs logiques, l’échantillon utilisé est réduit aux jours de semaine du lundi au jeudi, et aux individus de 25 ans et plus. Des traitements complémentaires donnent des résultats plus succincts sur les jeunes de moins de 25 ans et les consommations de week-end.
Onze groupes de mangeurs sont retenus pour la synthèse. Ils se distribuent en quatre sous-ensembles. Le modèle « Gastronomie française traditionnelle » continue à dominer le centre de la distribution constituée. Il est particulièrement notable dans les fractions de populations aisées et majoritairement masculines des groupes appelés Gastronomes traditionnels (5 % de la population), Hédonistes (8 %) et Gastronomes et pratiques (10 %). La désignation secondaire de ce dernier groupe correspond à une autre logique de comportement alimentaire, qui vise surtout l’aspect pratique à l’aide de services associés aux aliments. Ce modèle alimentaire, centré sur le « Prêt à manger », est dominant chez les jeunes, principalement dans le groupe appelé Pratiques. Il se retrouve aussi dans un groupe également jeune, mais disposant de revenus très faibles, désigné par Pratiques en situation de précarité. La contrainte financière domine aussi dans un groupe qualifié de Petits consommateurs en situation de précarité, mais il n’est pas possible d’en conclure qu’elle est le seul déterminant de la très faible consommation déclarée par ce groupe. Enfin quatre groupes représentant plus de 40 % de la population se caractérisent par des comportements et représentations proches des recommandations nutritionnelles actuelles. Il s’agit principalement de femmes et de personnes âgées qui semblent plus préoccupées par la santé. Le groupe appelé Régime santé est surtout constitué d’individus qui suivent des prescriptions médicales (consultation médicale et régime suivi pour raison de santé). Deux autres groupes ont également des régimes relativement équilibrés, mais selon deux logiques très différentes. Des habitudes héritées de contraintes économiques (productions dépendant des conditions pédoclimatiques et revenus faibles limitant les choix) expliquent principalement les comportements du groupe appelé Régime méditerranéen, alors que les Néovégétariens semblent pratiquer des régimes choisis en conformité avec les recommandations nutritionnelles. Un autre régime assez proche est, en revanche, plus motivé par l’idéal minceur ; il regroupe principalement des femmes qui ont été qualifiées de « Diétesthètes ».
Cette typologie est assez proche de celle effectuée dans le cadre du Baromètre santé nutrition 2002, mais les différences méthodologiques entre les deux enquêtes permettent seulement de présenter des tendances concernant les évolutions. Le développement des modes de vie des jeunes urbains, qui accroît la demande d’aliments prêts à manger, apparaît plus net dans le Baromètre santé nutrition 2008 que dans celui de 2002. La politique nutritionnelle s’adapte particulièrement à ce type de mangeurs en essayant d’influer sur l’offre par une incitation à la signature de chartes de progrès nutritionnels dans le cadre du PNNS. En revanche, les réponses aux problèmes des populations en situation très précaire semblent plus délicates. Enfin, si les relations entre l’alimentation et la santé semblent progresser, la recherche de plaisirs en conformité avec le modèle « Gastronomie française traditionnelle » reste dominante. C’est plutôt un métissage des deux modèles qui s’opère, d’autant plus que de nombreux mangeurs ont des comportements variés selon les contextes. Ce métissage correspond d’ailleurs à l’esprit des recommandations d’une partie des nutritionnistes français rappelées dans les principes généraux du PNNS. Celui-ci poursuit bien en ce sens en lançant un groupe de travail sur la qualité gustative des produits.
Télécharger le chapitre Typologie des mangeurs (pdf - 622 Ko)
