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Prévention et éducation pour la santé
Quels rôles pour les médecins et les pharmaciens ?
28-04-2005
Les médecins, dans une large majorité, déclarent se sentir efficaces pour changer les comportements de leurs patients en prévention primaire, qu'il s'agisse de dépistage des cancers (89,5 %), d'alimentation (65,8 %), d'usage du préservatif (65,4 %), d'exercice physique (63,5 %), d'abus de psychotropes (62,5 %) ou encore de tabagisme (50,4 %). En revanche, ils sont moins de la moitié à avoir ce sentiment d'efficacité face aux accidents de la vie courante (45,8 %), à l'alcoolisme (37,5 %) et moins d'un tiers face à l'usage de drogues (29,5 %).
De plus, les médecins déclarent se sentir efficaces dans l'éducation des patients hypertendus (90,6 %), asthmatiques (87,6 %) ou diabétiques (78,0 %).
Une grande majorité de médecins (64,8 %), et notamment ceux de plus de 50 ans, n'utilise pas de questionnaires préétablis d'aide au repérage de facteurs de risques ou au dépistage d'une pathologie (tests ou échelles).
Pour les pharmaciens, l'activité de prévention semble quasi unanimement (98,9 %) faire partie de leur rôle professionnel, que ce soit dans le bon usage du médicament (97,7 %), dans le tabagisme (77,4 %) - en augmentation depuis 1998 -, ou encore dans la prévention du sida (53,4 %) - en recul depuis 1998. Ils sont minoritaires à déclarer ce rôle important en ce qui concerne l'alimentation (47,3 %), la prévention des hépatites (45,5 %), ou l'alcoolisme (30,7 %).
Neuf pharmaciens sur dix (91,8 %) parlent spontanément de tabac avec leurs patients, et ils le font plus souvent quand ils sont investis dans une activité professionnelle particulière (Ordre des pharmaciens, association de prévention, activité de formation.). Ils ne sont plus que 55,8 % à parler spontanément d'alcool, et ceux qui en parlent souvent (3,8 %) sont moins nombreux qu'en 1998 (6,8 % ; p<0,001).
Lors de la dispensation d'une contraception d'urgence, 71,4 % des pharmaciens ont déclaré conduire un entretien spécifique ; cet entretien dure plus de cinq minutes chez un pharmacien sur cinq (21,5 %).
Les deux tiers (67,3 %) des pharmaciens déclarent que leurs clients sont demandeurs de renseignements sur le dépistage du cancer, soit une augmentation significative depuis 1998 (58,5 % ; p<0,001). Les demandes les plus fréquentes concernent le dépistage des cancers du sein (41,3 %) et du côlon (29,9 %).
Les freins à la prévention et à l'éducation pour la santé les plus fréquemment cités sont la résistance des patients (51,2 % des médecins, 24,0 % des pharmaciens), ou le manque de temps (49,1 % des pharmaciens, 33,5 % des médecins). Le manque de formation est évoqué, en troisième lieu, par moins d'un médecin sur quinze (4,8 %) et par un pharmacien sur huit (12,5 %). Chez les médecins, plus le nombre d'actes médicaux réalisés par jour est élevé, plus le manque de temps est fréquemment cité comme frein à la prévention. Chez les pharmaciens, l'absence de travaux d'aménagement récents et le manque de confidentialité sont associés à une limitation de la fréquence et de la durée des échanges avec le client.
