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Dépistage des cancers
Des pratiques contrastées
28-04-2005
La quasi-totalité (98,2 %) des généralistes ont prescrit, au cours du dernier mois, un des trois examens de dépistage recommandés et étudiés : 96,4 % pour la mammographie (avec une progression significative depuis 1998 en pourcentage et en nombre moyen : 6,0 vs 4,8), 79,8 % pour le frottis du col de l'utérus (avec une diminution significative depuis 1998 en pourcentage, mais une augmentation en nombre moyen : 6,5 vs 5,5), 43,8 % pour la recherche de saignement occulte dans les selles dans un but de dépistage (avec une augmentation importante du pourcentage depuis 1998 et un accroissement du nombre moyen de tests prescrits : 3,5 vs 2,5). La réalisation d'une radiographie du poumon (retenue dans aucune recommandation) progresse en pourcentage (65,7 % vs 55,7 % en 1998) et en nombre moyen (2,6 à 3,2).
Une analyse spécifique a été faite pour la dernière consultante âgée de 50 à 60 ans vue par les médecins au moment de la réalisation de l'enquête, sans facteurs de risque particuliers, ni individuels, ni familiaux, de cancer, et que le médecin interrogé suit régulièrement. Plus de neuf médecins sur dix (90,7 %) déclarent lui avoir prescrit une mammographie de dépistage au cours des trois dernières années. Une augmentation très significative de ce pourcentage est observée depuis 1998 (70,3 % vs 90,7 %), ainsi que de la proportion globale de patientes ayant bénéficié d'une mammographie, quel que soit le prescripteur (89,5 % vs 97,6 %). Parmi les médecins prescripteurs, la proportion de ceux affirmant que la mammographie prescrite était de leur initiative est de 88,3 %. Le pourcentage de mammographies réalisées dans le cadre du dépistage organisé est relativement faible : moins d'un médecin sur vingt (4,5 %). Un peu plus d'un tiers (35,7 %) des généralistes déclarent que leur dernière patiente âgée de 50 à 60 ans n'a pas eu de frottis au cours des trois dernières années. Par ailleurs, ils sont proportionnellement plus nombreux en 2003 à avoir réalisé eux-mêmes un frottis chez leur dernière patiente (38,4 % en 2003 vs 29,0 % en 1998). Dans plus de neuf cas sur dix (92,2 %), le frottis a été prescrit ou réalisé à leur initiative. Au cours des deux dernières années, 15,5 % des patientes de 50 à 60 ans ont bénéficié d'une recherche de saignement occulte dans les selles avec un objectif de dépistage. Dans une majorité des cas (73,9 %), c'est le généraliste qui est à l'origine de la demande. Pourtant, c'est pour ce type de dépistage que la demande semble la plus forte de la part des femmes de 50 à 60 ans (colorectal : 17,9 % ; sein : 9,0 % ; col : 6,4 %). Enfin, pour les trois types de cancer, c'est une fois sur deux dans le cadre d'un bilan général de santé que ces examens sont réalisés.
Chez les médecins, les facteurs associés au dépistage sont en général du même type que pour d'autres actes de prévention : médecin jeune, n'ayant pas un mode d'exercice particulier, réalisant un nombre d'actes important, appartenant à un réseau ou étant référent. Selon les déclarations des pharmaciens titulaires d'officine, la demande de renseignements concernant le dépistage des cancers est peu fréquente ( « souvent » : 12,2 %), avec principalement des sollicitations concernant les cancers du sein et du côlon.
