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Activité sexuelle, IST, contraception : une situation stabilisée
09-03-2006
L’âge d’entrée dans la sexualité est resté stable dans les générations nées entre 1965 et 1985, chez les hommes comme chez les femmes, et un léger rajeunissement semble enregistré pour les femmes des plus jeunes générations. Les hommes déclarent démarrer leur activité sexuelle un peu plus tôt que les femmes, 54,0 % des hommes de 15-19 ans se disant sexuellement actifs versus 46,0 % des femmes de cette même classe d’âge.
Le recours au préservatif lors du premier rapport a régulièrement et fortement augmenté entre 1987 et 1995, pour atteindre un seuil qui, depuis, se maintient à un niveau élevé. Ainsi, 87,6 % des hommes et 84,2 % des femmes ayant eu leur premier rapport sexuel entre 2000 et 2005 ont déclaré avoir utilisé un préservatif lors de ce premier rapport. Cette norme préventive, fortement intégrée par les plus jeunes générations, ne semble toutefois pas toucher tous les milieux sociaux de la même façon, l’usage du préservatif au premier rapport étant moins fréquent parmi les femmes moins diplômées et parmi celles qui accordent une grande importance à la religion.
Le multipartenariat dans les douze derniers mois concerne 16,3 % des hommes et 6,5 % des femmes de 15 à 49 ans. Celui-ci est plus souvent déclaré par les jeunes vivant seuls. Les personnes qui ont eu plusieurs partenaires utilisent plus souvent le préservatif et se font plus souvent dépister pour le VIH.
Une faible proportion des personnes sexuellement actives rapportent un antécédent d’infection sexuellement transmissible (IST). L’incidence cumulée de ces infections (virales, bactériennes ou parasitaires), sur les cinq dernières années, est de 2,3 % chez les femmes et de 1,3 % chez les hommes. Ces taux ne constituent pas un indicateur de la prévalence de ces infections qui, pour la plupart, restent asymptomatiques et non diagnostiquées. La faiblesse de ces taux, comparativement aux données des enquêtes de dépistage systématique, déjà observée dans l’enquête Baromètre santé 2000, confirme l’hypothèse d’une insuffisance de dépistage précoce de certaines IST en France, déjà soulignée en 2000.
L’enquête Baromètre santé 2005 semble enfin indiquer une stabilisation des pratiques contraceptives en France, après une période de progression continue de la pilule au cours des quatre décennies précédentes. Cette pratique atteint un niveau de médicalisation parmi les plus élevés au monde : 86 % des femmes concernées par la contraception utilisent une méthode médicale (57 % la pilule, 25 % le stérilet), tandis que 3 % se déclarent sans contraception. Ces proportions sont respectivement de 79 % et 6 % chez les hommes, s’agissant de la pratique contraceptive de leur partenaire. Certains groupes sociaux (en particulier les femmes au chômage ou inactives) restent encore à l’écart de cette médicalisation de la contraception.
En cas de rapports sexuels non ou mal protégés, de plus en plus de femmes ont recours à la contraception d’urgence. On est ainsi passé de 9,8 % d’utilisatrices en 1999, date de sa mise à disposition sans ordonnance en pharmacie, à 16,9 % en 2005 parmi les femmes de 15 à 49 ans. Cette augmentation est plus marquée chez les moins de 25 ans qui, en 2005, sont près d’un tiers à avoir utilisé la contraception d’urgence au moins une fois. Cette utilisation est le plus souvent ponctuelle et fait majoritairement suite à une erreur d’utilisation de la contraception régulière (seules 22 % étaient sans contraception au moment de la prise).
